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RSE : arbitrer entre VSME volontaire et sortie du reporting après Omnibus I

Clémence Benoit
Clémence Benoit
Conférencière sur l'emploi
22 avril 2026 19 min de lecture
CSRD et ETI après Omnibus I : comprendre les nouveaux seuils, arbitrer entre sortie du périmètre, adoption du standard VSME et alignement sur les attentes des investisseurs, sans perdre la valeur créée par le reporting de durabilité.

CSRD et ETI après Omnibus I : comment arbitrer entre conformité, VSME et attentes des investisseurs

Reconfigurer le paysage CSRD après Omnibus I : un arbitrage de dirigeant

La révision dite Omnibus I a rebattu les cartes pour de nombreuses entreprises de taille intermédiaire, et le sujet « CSRD ETI arbitrage dirigeant » devient un véritable test de gouvernance. Sous réserve de la transposition nationale de la directive (modification de la directive comptable 2013/34/UE et de la directive (UE) 2022/2464 dite CSRD), une entreprise peut désormais sortir du périmètre de la directive CSRD si elle reste durablement sous les seuils indicatifs de plus de 1 000 salariés et de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net au niveau consolidé, tout en n’étant plus considérée comme grande entreprise au sens des 25 millions d’euros de total de bilan et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires fixés par la directive comptable modifiée (seuils publiés au Journal officiel de l’Union européenne le 20 décembre 2023). Cette évolution européenne ne supprime pas les enjeux de durabilité, elle déplace simplement le centre de gravité de vos décisions entre conformité minimale, stratégie de corporate sustainability et attentes des investisseurs.

Pour un dirigeant d’ETI, l’arbitrage ne se résume plus à cocher des obligations de reporting, mais à décider du niveau d’ambition en matière de sustainability reporting et d’ESG par rapport à la trajectoire de performance financière. Les normes européennes de durabilité (normes ESRS adoptées par la Commission européenne le 31 juillet 2023) et la logique de double matérialité des informations de durabilité restent la référence implicite pour les banques, les agences de notation et les grands clients, même si votre entreprise n’est plus juridiquement soumise à la directive CSRD. La question devient donc très opérationnelle : jusqu’où maintenir la mise en œuvre des processus de collecte de données, d’analyse de matérialité et de production de rapport de durabilité, alors même que la pression réglementaire directe se relâche.

Dans ce contexte, trois scénarios structurent le « CSRD ETI arbitrage dirigeant » pour les entreprises européennes : sortir du champ et réduire le reporting au strict minimum légal, basculer vers un cadre volontaire comme le standard VSME de l’EFRAG (exposé-sondage publié en novembre 2023), ou viser un alignement quasi complet avec les attentes des investisseurs en conservant une architecture proche des normes ESRS. Chacun de ces scénarios implique un niveau différent d’informations de durabilité, de profondeur d’analyse de matérialité et de sophistication des données ESG, avec des impacts concrets sur le coût du capital, l’accès aux financements verts et la relation avec les parties prenantes. La Commission européenne et les autorités nationales rappellent que les États membres doivent prévoir des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives, pouvant inclure des amendes administratives significatives et, en droit français, des peines pouvant aller jusqu’à 75 000 euros et des risques pénaux en cas d’obstruction aux contrôles des auditeurs (articles L. 821-1 et suivants du Code de commerce, dans leur version consolidée au 1er janvier 2024), ce qui impose de sécuriser au minimum la fiabilité des informations publiées.

Résumé comparatif des scénarios CSRD pour les ETI :

  • Scénario 1 : sortie du périmètre CSRD, reporting extra-financier réduit au socle légal, économies de coûts mais risque sur le coût du capital.
  • Scénario 2 : adoption volontaire du standard VSME, cadre simplifié de reporting ETI, maintien d’un dialogue fluide avec les financeurs.
  • Scénario 3 : alignement renforcé sur les attentes des investisseurs et les normes ESRS, création de valeur durable et avantage compétitif.

Scénario 1 : sortir du périmètre, calculer le vrai coût de la « liberté »

Le premier scénario du « CSRD ETI arbitrage dirigeant » consiste à profiter pleinement du relèvement des seuils pour sortir du champ de la directive CSRD et réduire le reporting extra-financier au socle légal le plus restreint. Sur le papier, cette option semble séduisante pour une entreprise qui a déjà absorbé plusieurs centaines de milliers voire plusieurs millions d’euros de coûts de mise en œuvre, entre conseil, systèmes d’information, audits et renforcement de l’équipe RSE. La réalité est plus nuancée, car les investissements déjà engagés dans la collecte de données, l’analyse de matérialité et la structuration des informations de durabilité ont créé des actifs immatériels qu’il serait contre-productif de démanteler.

Avant de décider une sortie, un dirigeant doit établir un bilan complet des investissements réalisés pour la CSRD, en intégrant les outils de consolidation de données, les processus de reporting, les compétences internes et les relations avec les auditeurs. Ce bilan ne se limite pas aux dépenses passées en millions d’euros, il inclut aussi la valeur stratégique des informations ESG produites pour piloter les enjeux de durabilité, suivre le bilan carbone, mesurer les émissions de gaz à effet de serre et anticiper les risques de transition. Une entreprise qui coupe brutalement ces flux d’informations se prive d’un tableau de bord utile pour arbitrer entre performance financière de court terme et impact de long terme, notamment sur les sujets de gaz à effet de serre, de biodiversité ou de capital humain.

La sortie pure et simple du cadre CSRD peut également fragiliser la relation avec les banques et les investisseurs, qui intègrent désormais systématiquement les critères ESG dans leurs décisions de financement et de notation. Les institutions financières attendent un minimum de sustainability reporting structuré, même pour les entreprises non soumises à la directive, et elles comparent les entreprises européennes entre elles sur la base de référentiels proches des normes ESRS. Dans ce scénario, le dirigeant doit donc arbitrer entre un gain de flexibilité réglementaire immédiat et un risque de renchérissement du coût du capital, de dégradation de la notation crédit et de perte d’accès à certains instruments de financement vert. Un cas typique est celui d’une ETI industrielle de 800 salariés et 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, qui a investi près de 1,5 million d’euros dans son dispositif CSRD entre 2022 et 2024 : renoncer totalement au reporting lui ferait économiser quelques centaines de milliers d’euros par an, mais pourrait renchérir ses financements de plusieurs points de base et la priver de lignes de crédit vertes indexées sur des indicateurs de durabilité.

Checklist décisionnelle – Scénario 1 :

  • Cartographier les coûts récurrents de conformité CSRD (conseil, SI, audits, équipe RSE).
  • Identifier les usages internes des données ESG (pilotage, risques, relations clients).
  • Mesurer l’impact potentiel sur le coût du capital et les financements verts.
  • Vérifier les obligations nationales résiduelles de reporting extra-financier.
  • Définir un socle minimal de données de durabilité à conserver malgré la sortie.

Scénario 2 : maintenir un reporting volontaire via le standard VSME

Le deuxième scénario du « CSRD ETI arbitrage dirigeant » repose sur l’adoption volontaire du standard VSME élaboré par l’EFRAG, qui propose un cadre simplifié de sustainability reporting pour les petites et moyennes entreprises non soumises directement aux normes ESRS complètes. Pour une ETI, ce choix permet de capitaliser sur les travaux déjà engagés en matière de données ESG, d’analyse de matérialité et de rapport de durabilité, tout en réduisant la complexité et le coût de mise en œuvre par rapport à un alignement intégral sur la directive CSRD. Le VSME offre une structure standardisée d’informations de durabilité qui reste lisible pour les investisseurs, les banques et les grands donneurs d’ordre, sans imposer l’exhaustivité des exigences ESRS.

Dans ce cadre, l’entreprise peut concentrer son reporting sur les matières de durabilité réellement significatives, en s’appuyant sur une analyse de matérialité robuste et documentée. Les informations en matière de durabilité portent alors prioritairement sur les enjeux les plus critiques pour la performance financière et l’impact de l’entreprise, comme le bilan carbone, les émissions de gaz à effet de serre, la gestion des ressources, la sécurité au travail ou la gouvernance. Cette approche permet de maintenir un rapport de durabilité crédible, fondé sur des données vérifiables, tout en évitant de mobiliser des ressources disproportionnées sur des thématiques marginales pour l’activité. Elle facilite également la préparation à un éventuel retour dans le champ de la directive si la croissance de l’ETI la fait repasser au-dessus des seuils, comme l’illustrent les projections de nombreuses ETI industrielles européennes publiées dans les études de place 2023 sur la CSRD.

Pour un dirigeant, l’intérêt stratégique du VSME réside aussi dans la capacité à dialoguer avec les investisseurs sur une base commune, même en dehors d’une obligation formelle de reporting directive. Les entreprises qui adoptent volontairement ce cadre envoient un signal clair de sérieux en matière de corporate sustainability, ce qui peut peser positivement dans les discussions de financement, les opérations de M&A ou les appels d’offres avec de grands groupes soumis eux-mêmes aux normes ESRS. Ce scénario intermédiaire préserve la dynamique RSE interne, sécurise la conformité minimale attendue par la Commission européenne et les régulateurs, et permet de démontrer une trajectoire de progrès crédible sans supporter l’intégralité de la charge administrative d’un reporting CSRD complet.

Checklist décisionnelle – Scénario 2 :

  • Évaluer l’écart entre le dispositif CSRD existant et les exigences du standard VSME.
  • Prioriser les thématiques matérielles (climat, social, gouvernance, chaîne de valeur).
  • Structurer un rapport de durabilité synthétique mais régulier pour les parties prenantes.
  • Documenter la méthodologie de matérialité pour répondre aux attentes des auditeurs.
  • Planifier une montée en puissance possible en cas de franchissement futur des seuils CSRD.

Scénario 3 : viser l’alignement investisseurs et la création de valeur durable

Le troisième scénario du « CSRD ETI arbitrage dirigeant » consiste à maintenir un niveau d’exigence proche de celui des grandes entreprises soumises à la directive CSRD, même si l’ETI n’y est plus contrainte juridiquement. Dans cette logique, le dirigeant considère la durabilité et le sustainability reporting comme des leviers de compétitivité et non comme un simple centre de coûts, en alignant le reporting ESG sur les attentes des investisseurs institutionnels et des grands clients internationaux. Les entreprises qui choisissent cette voie structurent leurs rapports de durabilité selon les normes ESRS, ou à tout le moins selon une architecture très proche, afin de faciliter la comparabilité et l’intégration dans les modèles d’analyse des analystes financiers.

Ce positionnement suppose de poursuivre la mise en œuvre de processus exigeants de collecte de données, d’analyse de matérialité et de contrôle interne sur les informations de durabilité. L’entreprise consolide un bilan carbone complet, couvre l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre pertinentes, et documente de manière transparente les impacts positifs et négatifs de ses activités sur l’environnement, le social et la gouvernance. Cette profondeur d’information permet de relier plus finement les enjeux de durabilité à la performance financière, en objectivant par exemple les gains d’efficacité énergétique, la réduction des risques réglementaires ou la résilience des chaînes d’approvisionnement. Elle facilite aussi la réponse aux questionnaires détaillés des agences de notation extra-financière.

Dans ce scénario, le dirigeant peut aussi intégrer des indicateurs ESG dans la rémunération variable du top management, à l’image de ce qui se pratique déjà dans les entreprises du CAC 40, dont la quasi-totalité mentionne des critères climat ou sociaux dans les documents de référence 2023. Une telle démarche renforce la crédibilité de la stratégie de corporate sustainability auprès des investisseurs, qui voient dans ces mécanismes un signal fort d’alignement entre discours et incitations internes. L’arbitrage consiste alors moins à savoir s’il faut faire du reporting directive, que de décider jusqu’où ancrer la durabilité dans les décisions d’investissement, les critères de M&A, la politique industrielle et la relation avec les territoires, en s’appuyant sur les référentiels publiés par la Commission européenne et les projets de standards de l’EFRAG.

Checklist décisionnelle – Scénario 3 :

  • Aligner la structure du rapport de durabilité sur les normes ESRS les plus pertinentes.
  • Intégrer des KPI ESG dans la rémunération variable et les plans d’incitation long terme.
  • Renforcer le contrôle interne et l’audit des données de durabilité (processus, traçabilité).
  • Articuler clairement les enjeux climatiques et sociaux avec le plan stratégique de l’ETI.
  • Préparer des réponses standardisées aux questionnaires des agences de notation extra-financière.

Reconfigurer l’équipe RSE et le pilotage interne sans casser la dynamique

Quel que soit le scénario retenu dans ce « CSRD ETI arbitrage dirigeant », la question clé devient la reconfiguration de l’équipe RSE et des processus internes pour éviter à la fois la surchauffe et la perte de compétences. Une entreprise qui a structuré une fonction dédiée au reporting de durabilité, à l’analyse de matérialité et à la gestion des données ESG ne peut pas simplement dissoudre cette capacité sans fragiliser son pilotage stratégique. L’enjeu est de transformer une logique de conformité à la directive CSRD en un dispositif de gestion de la performance globale, articulant performance financière, impact environnemental et attentes des parties prenantes.

Concrètement, cela implique de repositionner les expertises RSE au plus près des métiers, en intégrant les responsables de durabilité dans les comités d’investissement, les revues de portefeuille de projets et les décisions industrielles. Les informations de durabilité, comme le bilan carbone, les émissions de gaz à effet de serre ou les indicateurs sociaux, doivent alimenter les arbitrages opérationnels au même titre que les données financières classiques. Une bonne pratique consiste à fusionner progressivement les revues de performance financière et les revues d’impact, afin que les dirigeants de business unit intègrent naturellement les enjeux de durabilité dans leurs décisions quotidiennes, en s’appuyant sur des tableaux de bord intégrés.

Pour un PDG, la clé est de fixer un cap clair sur le niveau d’ambition en matière de corporate sustainability, puis de calibrer en conséquence le périmètre du reporting, la profondeur de l’analyse de matérialité et les ressources allouées à la mise en œuvre. Les entreprises européennes qui réussiront ce mouvement seront celles qui sauront utiliser la flexibilité offerte par l’Union européenne et la Commission européenne non pour réduire la transparence, mais pour concentrer leurs efforts sur les informations de durabilité réellement stratégiques. Dans cette perspective, le « CSRD ETI arbitrage dirigeant » devient moins un choix binaire entre obligations et volontariat, qu’un exercice de priorisation fine entre différentes matières de durabilité, différents horizons de temps et différents profils d’investisseurs, en s’appuyant sur les orientations de la finance durable et les travaux de l’EFRAG sur le standard VSME.

FAQ sur la CSRD, les ETI et les arbitrages de dirigeants

Comment un dirigeant d’ETI doit il aborder la sortie potentielle du périmètre CSRD après Omnibus I ?

La première étape consiste à établir un bilan détaillé des investissements déjà réalisés pour la conformité CSRD, en intégrant les systèmes de données, les processus de reporting et les compétences internes. Il faut ensuite évaluer l’impact d’une réduction du reporting de durabilité sur la relation avec les banques, les investisseurs et les grands clients, qui continuent d’exiger des informations ESG structurées. Enfin, le dirigeant doit comparer ce coût de sortie avec les bénéfices potentiels d’un maintien volontaire d’un cadre de sustainability reporting, par exemple via le standard VSME ou un alignement partiel sur les normes ESRS, en tenant compte des seuils actualisés issus de la directive comptable modifiée et des calendriers de transposition publiés par chaque État membre.

Quels sont les avantages concrets d’adopter volontairement le standard VSME pour une ETI ?

Le standard VSME permet de conserver une structure de reporting de durabilité reconnue au niveau européen, tout en réduisant la complexité par rapport aux normes ESRS complètes. Pour une ETI, cela facilite le dialogue avec les investisseurs et les banques, qui disposent d’un socle d’informations de durabilité comparables entre entreprises européennes. Ce cadre volontaire aide aussi à maintenir la dynamique interne de RSE, en concentrant les efforts sur les matières de durabilité les plus matérielles pour l’activité et en restant cohérent avec les orientations publiées par la Commission européenne et l’EFRAG sur la finance durable et le reporting ETI.

Pourquoi certains dirigeants choisissent ils de rester alignés sur les attentes des investisseurs malgré la fin des obligations CSRD ?

Les investisseurs institutionnels intègrent désormais systématiquement les critères ESG dans leurs décisions, et ils utilisent des référentiels proches des normes ESRS pour comparer les entreprises. Rester aligné sur ces attentes permet de sécuriser l’accès aux financements, d’améliorer la notation crédit et de se positionner sur les marchés de financement vert. Pour un dirigeant, cet alignement renforce aussi la crédibilité de la stratégie de corporate sustainability et facilite les opérations de croissance externe ou les partenariats avec de grands groupes, en montrant une maîtrise des informations de durabilité et des risques de transition, même en dehors d’une obligation stricte de reporting CSRD.

Comment reconfigurer l’équipe RSE sans perdre les compétences acquises pendant le chantier CSRD ?

Plutôt que de réduire brutalement les effectifs, il est plus pertinent de repositionner les experts RSE au cœur des métiers et des fonctions de pilotage. Les compétences acquises en analyse de matérialité, en gestion de données ESG et en reporting peuvent être mises au service des décisions d’investissement, de la gestion des risques et de l’innovation. Cette intégration progressive transforme la RSE d’un centre de coûts en un levier de performance globale, en reliant directement les enjeux de durabilité à la performance financière et à la stratégie industrielle de l’ETI, quel que soit le scénario retenu (sortie, VSME ou alignement ESRS).

Quel rôle jouent encore l’Union européenne et la commission européenne pour les ETI hors champ CSRD ?

Même pour les ETI qui sortent du périmètre strict de la directive CSRD, l’Union européenne et la Commission européenne restent des acteurs structurants via les orientations sur la finance durable, les exigences des banques et les futures évolutions réglementaires. Les référentiels comme les normes ESRS ou le standard VSME servent de base aux attentes des marchés financiers et des grands donneurs d’ordre. Anticiper ces mouvements permet aux dirigeants d’ETI de garder une longueur d’avance, en alignant leur stratégie de durabilité sur les standards qui façonneront les conditions de concurrence à moyen terme et les pratiques de reporting extra-financier, dans le prolongement des textes Omnibus I et de la directive comptable révisée.

Statistiques clés sur la CSRD et les ETI

  • Les nouveaux seuils de définition de grande entreprise au niveau européen sont fixés à 25 millions d’euros de total de bilan et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires net, conformément à la directive comptable modifiée (directive 2013/34/UE telle que révisée par Omnibus I et publiée au JOUE du 20 décembre 2023).
  • Le seuil d’entrée dans le périmètre de reporting CSRD est désormais supérieur à 1 000 salariés et 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net pour les groupes concernés, sous réserve des modalités de transposition dans chaque État membre et des précisions apportées par la directive (UE) 2022/2464 et ses actes délégués.
  • Les sanctions en cas d’obstruction aux contrôles des auditeurs peuvent atteindre 75 000 euros d’amende en droit français, assorties de risques d’emprisonnement pour les dirigeants responsables, dans le cadre des pouvoirs de sanction prévus par le Code de commerce (notamment les articles L. 821-1 et suivants relatifs au commissariat aux comptes, version en vigueur au 1er janvier 2024).
  • Les critères ESG sont intégrés dans la rémunération variable des dirigeants de la quasi-totalité des entreprises du CAC 40, ce qui influence les attentes des investisseurs envers les ETI et renforce la pression pour un reporting de durabilité structuré, qu’il soit imposé par la CSRD ou mis en place sur une base volontaire.

Ressources et références de confiance

Pour approfondir ces sujets, vous pouvez vous référer aux ressources publiées par la Commission européenne sur la directive CSRD et les normes ESRS, aux documents de travail de l’EFRAG concernant le standard VSME, ainsi qu’aux analyses de place réalisées par l’Autorité des marchés financiers et la Banque de France sur l’intégration des critères ESG dans le financement des entreprises. Ces documents détaillent les seuils de définition des grandes entreprises, les obligations de reporting de durabilité et les attentes des marchés financiers en matière d’informations extra-financières, en lien avec la directive comptable modifiée et les textes Omnibus I.

Sources recommandées : Commission européenne (documents officiels sur la CSRD, la directive comptable et les ESRS), EFRAG (documentation sur le standard VSME et les normes de durabilité), Autorité des marchés financiers (rapports sur la finance durable et les attentes des investisseurs), Banque de France (travaux sur la prise en compte des critères ESG dans le financement bancaire et obligataire des entreprises).